Démission surprise à l’Institut polaire suisse
Un coup d’œil sur la liste sismologique en Suisse montre que la terre tremble de temps en temps à Sion, généralement de manière faible et non prévisible. La semaine dernière, le Swiss Polar Institute a annoncé la démission de sa directrice scientifique.
La directrice scientifique du Swiss Polar Institute (Institut polaire suisse, SPI), la professeure Dr Gabriela Schaepmann-Strub, va quitter son poste, a annoncé le SPI dans un communiqué de presse mercredi dernier. La démission sera effective à la fin du mois d’août, indique l’institut. Dans son communiqué, il n’a toutefois pas donné d’indications sur les raisons de cette démission ou sur la personne qui lui succédera. On peut toutefois s’attendre à ce que l’institut ait réglé la question de la succession d’ici le traditionnel Jour polaire suisse. Cette année, ce jour sera organisé pour la première fois sur le nouveau site du SPI à Sion.
La professeure Schaepmann-Strub avait officiellement pris ses fonctions de directrice scientifique à l’SPI le 1er mai 2021, après avoir assuré l’intérim suite au décès du professeur Konrad « Koni » Steffen en août 2020. Auparavant, elle était à la tête du conseil scientifique et technologique depuis la création du Swiss Polar Institute en 2016. Martin Vetterli, le président du conseil de fondation de l’SPI, a déclaré : « Elle a joué un rôle clé dans la conception du SPI dans sa transition vers une organisation polaire établie ».
Sa période en tant que directrice scientifique a été marquée par l’extension de la coopération de l’ISP avec différentes institutions de recherche, notamment au Groenland. Elle a joué un rôle déterminant dans la mise en place d’une plateforme politique et de recherche commune entre la Suisse et le Groenland sur les risques naturels tels que les avalanches et les glissements de terrain, qui a été signée le 20 avril 2023 à Nuuk.
Les deux initiatives phares du SPI, « Greenfjord » et « Pamir », ont constitué une autre étape importante au cours des deux dernières années. Il s’agit dans les deux cas de projets pluridisciplinaires et pluriannuels qui traitent des effets du changement climatique sur les régions montagneuses et arctiques et qui ont été lancés l’année dernière. Là encore, le professeur Dr Schaepmann-Strub a été l’une des forces motrices du SPI.
L’expédition Arctic Century organisée par le SPI à l’automne 2021 dans la région de l’Arctique russe, co-organisée et accompagnée par la professeure Schaepmann-Strub, a certainement été un autre moment fort.
Malgré sa démission surprise de son poste de directrice scientifique à l’ISP, la professeure Schaepmann-Strub continuera d’être associée à l’institut. « Ce fut un plaisir de travailler avec mes collègues suisses et internationaux pour promouvoir ensemble la recherche polaire et provoquer des changements sociaux », écrit-elle sur ses réseaux sociaux. « Nos chemins se croiseront certainement à nouveau à l’avenir ». En tant que professeur extraordinaire et directrice du groupe de recherche « Earth System Science Lab » à l’université de Zurich, elle s’intéresse particulièrement aux effets du changement climatique sur la végétation et les flux d’énergie dans la toundra arctique. Elle est également la représentante de la Suisse au sein du Comité international de recherche sur l’Arctique (IASC) et du Comité pour la protection de la faune et de la flore arctiques (CAFF). Actuellement, elle se prépare avec son groupe de recherche pour le travail de terrain à venir dans la toundra arctique.
Dr. Michael Wenger, PolarJournal
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