Dumont d’Urville – Expédition en Antarctique

En 1837, Dumont d’Urville fut chargé par le roi français Louis-Philippe Ier d’explorer le pôle Sud. L’objectif principal du voyage était d’atteindre l’Antarctique et de progresser aussi loin vers le pôle que les conditions de glace le permettraient. Le roi lui confia non seulement l’«Astrolabe», mais aussi un second navire, la «Zélée».

Le 7 septembre 1837, les deux navires prirent la mer. Ils naviguèrent dans l’Atlantique Sud, contournèrent le détroit de Magellan, puis poursuivirent vers le sud en direction de l’Antarctique, atteignant leur point le plus austral à 63° de latitude sud. L’expédition vers le pôle Sud ne fut pas très réussie. Le mauvais équipement, la glace, le brouillard et la neige les empêchèrent d’aller plus loin. Dumont d’Urville rapporta néanmoins en France des données précieuses ainsi que la conviction d’avoir découvert un continent. Malheureusement, cela se fit au prix d’une épidémie de scorbut qui coûta la vie à 22 des 183 hommes des deux navires.

Dumont d’Urville se rendit ensuite au Chili pour se ravitailler et permettre aux hommes restants de se rétablir, bien que de nombreux membres d’équipage désertèrent. Depuis le Chili, il traversa le Pacifique, visitant les Marquises, Tahiti, Samoa, Tonga, Fidji, les Salomon, les Carolines et la Nouvelle-Guinée. Il poursuivit ensuite son voyage autour de l’Indonésie et de l’Asie du Sud-Est, puis le long de la côte ouest de l’Australie jusqu’à Hobart, en Tasmanie.

Lorsque l’été revint, Dumont d’Urville décida de tenter une nouvelle expédition vers l’Antarctique, notamment dans l’espoir de découvrir le pôle Sud magnétique, supposé se situer dans la zone encore inexplorée entre les 120e et 160e méridiens. Cette fois, l’expédition fut plus fructueuse. Le 19 janvier 1840, une terre fut aperçue et nommée «Terre Adélie», d’après son épouse Adèle Dorothée. C’est là qu’a été construite en 1956 la station de recherche française portant son nom.

Grâce à des échantillons de roches, il put prouver qu’il se trouvait sur un continent distinct. Il y hissa le drapeau français, marquant ainsi l’importance stratégique et politique de la Terre Adélie pour la France.
Le voyage de retour le conduisit via la Nouvelle-Guinée et Sainte-Hélène dans l’Atlantique. Le 6 novembre 1840, après trois ans et deux mois, les deux navires atteignirent leur port d’attache de Toulon. D’Urville fut promu contre-amiral, et la Société de géographie lui décerna sa plus haute distinction.

Après son retour, en décembre 1840, il fut promu contre-amiral et reçut la grande médaille d’or de la Société de géographie, en reconnaissance de ses importantes réalisations et découvertes. Dans les mois suivants, il se consacra intensivement à la rédaction et à la publication de son œuvre «Voyage au pôle Sud et en Océanie», dans laquelle il souhaitait consigner ses expériences et ses découvertes scientifiques.
Cependant, avant de pouvoir achever cette œuvre majeure, une tragédie se produisit: le 8 mai 1842, il périt avec son épouse et son fils de 16 ans dans le terrible accident ferroviaire de catastrophe ferroviaire de Meudon. Cette catastrophe, l’une des premières grandes tragédies ferroviaires en France, mit brutalement fin à sa vie et à son œuvre prometteuse.
Heiner Kubny, PolarJournal