Fossiles de superprédateur découverts en Antarctique
Des griffes fossilisées appartenant à un oiseau-terreur ont été découvertes en Antarctique. La présence de ce superprédateur pourrait bien offrir un nouveau scénario pour tenter de reconstruire les écosystèmes antarctiques durant l’Éocène.
Deux mètres de haut pour une centaine de kilos. S’il ne pouvait pas voler, il pouvait par contre courir vite et attaquer ses proies grâce à son long bec au bout courbé. Surnommé l’oiseau-terreur, le phorusrhacidé (Phorusrhacos longissimus) a probablement été le superprédateur dominant en Antarctique. Telles sont les conclusions d’une étude publiée le mois dernier dans le journal scientifique Palaeontologia Electronica.
Deux griffes fossilisées de 8 centimètres de ce qui semble être un phorusrhacidé ont été découvertes sur l’île Seymour, en Antarctique, par deux paléontologues.
Les deux phalanges ont été collectées dans les niveaux correspondant au début de l’Éocène. Selon les auteurs, l’oiseau était probablement un prédateur actif qui chassait et se nourrissait des petits marsupiaux et ongulés de taille moyenne qui vivaient sur l’île et que l’on tenait pour être les principaux prédateurs : « Ces oiseaux-terreurs constituent la première preuve de prédateurs au sommet dans les environnements continentaux, une niche qui était apparemment sous-occupée par d’autres vertébrés terrestres, qui étaient principalement représentés par des ongulés de taille moyenne à grande et de petits marsupiaux au cours de l’Éocène. », notent Carolina Acosta Hospitaleche, paléontologue et professeure à l’Université nationale de La Plata, et Washington Jones, docteur en science biologique auprès du Musée national d’histoire naturelle de Montevideo.
Une découverte qui pourrait bien amener à reconsidérer le scénario relatif à la reconstruction des écosystèmes antarctiques passés : « Cette découverte change fondamentalement notre compréhension de la dynamique au sein des écosystèmes continentaux de l’Antarctique au début de l’Éocène.», remarquent les auteurs.
Ce n’est pas la première fois que des fossiles sont découverts sur l’île Seymour. L’île fait partie de l’archipel de James Ross. Elle est située au large de la péninsule Antarctique, au nord de Snow Hill dont elle est séparée par le passage Picnic.
Elle héberge depuis 1969 la base scientifique argentine Marambio. L’île est également un lieu de prédilection pour les paléontologues car elle abrite de nombreux fossiles de la période Éocène qui s’étend de -56 à -34 millions d’années et qui est marquée notamment par l’apparition des premiers mammifères modernes.
Des fossiles de grands manchots, de marsupial, d’ongulé, de grenouille et même d’Elasosauridae (ce dinosaure marin au long cou) ont été découverts sur l’île au cours des dernières décennies.
Mirjana Binggeli, PolarJournal
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