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La cryosphère, le carbone et le climat, à Tromsø

Camille Lin 13. décembre 2023 | Arctique, Science, Non classifié(e)
Glacier situé dans le Magdalenefjord au Svalbard. Image : Jørn Berger-Nyvoll / UiT

L’une des villes les plus prolifiques sur le plan des études des régions arctiques ne cesse de se renforcer avec le Centre pour la glace, la cryosphère, le carbone et le climat (iC3), qui attire de plus en plus de scientifiques internationaux pour étudier le cycle du carbone dans les régions polaires.

Tromsø s’agite dans la nuit polaire. Le Centre pour la glace, la Cryosphère, le Carbone et le Climat (iC3) a annoncé début décembre l’accueil de quatre nouveaux scientifiques pour résoudre les inconnues du cycle du carbone dans les régions polaires. Cet élément chimique y dort sous les calottes glaciaires et dans le pergélisol. L’enjeu scientifique est d’estimer ces quantités exactes – qui s’avèrent être importantes -, et de comprendre si, après le retrait des glaces, le carbone se dirige vers l’atmosphère. Auquel cas cela n’aiderait pas à résoudre la crise climatique, une question largement débattue en ce moment à Dubaï, au cours de la COP28.

Le carbone stocké sous les calottes glaciaires pourrait en tout cas être mobilisé dans les écosystèmes qui sont, eux aussi, en train d’évoluer. « Il y a encore quelques dizaines d’années, on pensait que la glace était un environnement stérile, mais il y a beaucoup de microbes qui y vivent à l’aide des nutriments et des minéraux comme le fer, et ces derniers ont la capacité de modifier les écosystèmes quand la glace fond », nous explique Till Bruckner, communicant pour le centre iC3, en ajoutant que cela a aussi des conséquences sur la pêche dans l’océan.

L’iC3 étudie les cycles du carbone des calottes glaciaires, de leurs frontières terrestres, des fjords et des océans dans le passé, le présent et l’avenir aux deux pôles. Image : iC3/UiT

Le centre iC3 est hébergé par l’université Arctique de Norvège à Tromsø (The Arctic University of Norway in Tromsø, UiT) et a reçu l’année dernière une bourse d’environ 100 millions d’euros pour 10 ans, accordée par le Conseil Norvégien pour la Recherche. Actuellement, 50 scientifiques sont impliqués dans le projet, parmi eux des jeunes chercheurs en doctorat ou en post-doctorat. Certains sont norvégiens, mais « les chercheurs viennent du monde entier », nous confie Till Bruckner.

Ce mois-ci, se sont joints au projet Dr Jon Hawkings de l’Université de Pennsylvanie, Dr Fanny Monteiro de l’Université de Bristol, Dr Petra Langebroek de l’institut norvégien NORCE. « Nous avons des gens qui travaillent sur le sommet des glaciers, puis d’autres sur l’écoulement de l’eau ou encore sur des navires de recherche pour étudier l’océan », ajoute-t-il.

Les nouveaux scientifiques de l’iC3 sont experts en biogéochimie des glaciers et en modélisation : des océans, de la biogéochimie
et des calottes glaciaires. Image : University of Brussels / Pennsylvania / Bristol / NORCE

Une grande partie du travail repose également sur la construction de modèles mathématiques et sur l’analyse des observations, comme celles réalisées l’été dernier au Groenland, au Svalbard. Prochainement, des missions de terrain seront conduites en Antarctique, à partir des infrastructures norvégienne de la station Troll. iC3 est situé à Tromsø, dans les environs de l’Institut polaire norvégien qui lui offre des accès aux stations et navires comme RV Kronprins Haakon et un ravitailleur.

Les nouveaux scientifiques prennent part au projet à hauteur de 20 % de leur temps. Dans les semaines qui viennent, cinq offres de doctorat seront ouvertes et, l’année prochaine, des offres de post-doctorat. « Quand vous êtes à Tromsø, c’est frappant de voir le nombre de personnes qui travaillent sur les régions polaires, presque un quart, il est donc facile de trouver des collaborateurs », ajoute-t-il. Entre 2016 et 2022, l’université Arctique de Norvège à Tromsø a été élue centre de recherche le plus prolifique sur les sujets arctiques avec plus de 2 900 études publiées. À ce demander si, Tromsø ne serait pas la capitale norvégienne de l’Arctique.

Camille Lin, PolarJournal

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