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Les scientifiques surveillent la grippe aviaire en Antarctique

Heiner Kubny 19 mars 2026 | Antarctique, Péninsule Antarctique, Science
Des chercheurs prélèvent avec précaution des échantillons au sein d’une colonie de gorfous papous afin d’étudier scientifiquement l’état de santé et les conditions environnementales des animaux. (Photo: INACH)

L’apparition du virus de l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) H5N1 en Antarctique demeure un sujet central de la recherche internationale. Les études en cours visent à détecter le plus tôt possible la propagation du virus ainsi que ses éventuelles répercussions sur les populations fauniques sensibles du continent.

Les manchots à jugulaire comptent également parmi les espèces menacées. Outre le changement climatique et le manque de nourriture, la grippe aviaire se propage de plus en plus en Antarctique. Le virus peut infecter et décimer des colonies entières. (Photo: Nolberto-Gomez, INACH)

Surveillance coordonnée en Antarctique
Depuis trois ans, l’Instituto Antártico Chileno (INACH) mène, en collaboration avec des chercheurs de l’Universidad de Chile, un programme de surveillance systématique. Des échantillons environnementaux et biologiques provenant d’animaux sains, malades ou morts sont collectés et analysés afin de détecter le virus le plus précocement possible.

Selon le Dr. Víctor Neira Ramírez, le H5N1 n’a jusqu’à présent été détecté que chez quelques spécimens morts, notamment des labbes, des cormorans antarctiques, des manchots Adélie, des goélands dominicains et des otaries à fourrure antarctiques. Aucune mortalité massive à grande échelle n’a été constatée à ce jour, même si certains sites continuent d’être surveillés de près.

Les cormorans antarctiques sont également menacés par le virus de la grippe aviaire. Cette maladie hautement contagieuse se propage de plus en plus dans les régions polaires et menace les colonies de reproduction sensibles le long des côtes antarctiques. (Photo: Heiner Kubny)

Diagnostics fiables et travail de terrain
Le diagnostic est effectué selon des protocoles clairement définis. Dans les zones reculées, des tests antigéniques rapides sont d’abord utilisés pour permettre une première évaluation. Les cas suspects sont ensuite confirmés en laboratoire par PCR en temps réel de haute précision et signalés au Service agricole et d’élevage chilien (SAG).

Lors des plus récentes expéditions en Antarctique, la surveillance a également pu être étendue à des régions difficilement accessibles de la péninsule Antarctique. Cette extension logistique est considérée comme une étape importante pour mieux évaluer la situation épidémiologique.

Le travail est accompli: des visages satisfaits reflètent l’engagement collectif et le succès mérité. (Photo: INACH)

Recherche pour une prévention à long terme
La surveillance est soutenue par plusieurs projets nationaux de recherche, financés notamment par l’Agence nationale pour la recherche et le développement (ANID) ainsi que par le Programme national de sciences antarctiques (PROCIEN). L’accent est mis sur la propagation, l’évolution génétique et les possibles adaptations du virus aux espèces animales antarctiques.

Une attention particulière est accordée au séquençage génomique des échantillons positifs. Celui-ci fournit des indications cruciales sur l’origine et l’évolution du virus et aide à comprendre pourquoi certaines espèces sont plus touchées que d’autres.

Selon les connaissances actuelles, il n’existe aucun indice d’une menace aiguë pesant sur des populations entières. Néanmoins, les chercheurs soulignent que la poursuite d’une surveillance continue et coordonnée reste indispensable afin de détecter à temps les risques pour la faune unique de l’Antarctique.

Heiner Kubny, PolarJournal

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