Module d’énergie pour l’Arctique
Le bureau de design Malakhit travaille sur un projet de module énergétique sous-marin submersible (Subaquatic Energy Module SEM) pour l’Arctique, dont la puissance nominale sera de 2 x 10 MW. Cette information a été rapportée par le canal Telegram de la United Shipbuilding Corporation (USC). Le Malakhit Marine Engineering Bureau, une filiale de l’USC, est une entreprise basée à Saint-Pétersbourg et spécialisée dans la construction de sous-marins.
Selon les indications des concepteurs, ce module d’énergie sous-marin devrait permettre d’alimenter en énergie des éléments qui doivent être construits dans des lieux où les centrales électriques traditionnelles ne peuvent pas être installées. Ce qui inclue, par exemple, des sites miniers sur les gisements du plateau arctique avec des conditions de glace difficiles ou encore, des stations et des bases dans des régions côtières éloignées de l’Arctique où la distance aux centrales électriques les plus proches est trop grande.
Le reportage sur le canal télégraphique USC énumère quelques-unes des solutions proposées pour les modules d’énergie dans les ébauches de concept. Ainsi, deux réacteurs nucléaires serviraient de sources d’énergie principales et le module serait d’abord posé sur le fond marin depuis la surface, avant d’être positionné à son emplacement définitif à l’aide de lignes d’ancrage. Cela permet de maintenir l’engin à une profondeur d’eau sûre pendant une longue période. Comme le SEM peut plonger jusqu’à 400 mètres, il n’y a aucun risque de collision avec des icebergs, affirment les concepteurs. Le schéma d’utilisation de la centrale prévoit son exploitation à long terme sans personnel à bord. Un contrôle de sécurité régulier est prévu tous les trois mois. Un petit groupe de spécialistes devrait être en mesure de surveiller et de maintenir le système pendant une période de six jours.
Selon le bureau d’études, l’approvisionnement et la maintenance du module peuvent être réalisées aussi bien en surface que sous l’eau. À cet effet, il est prévu d’utiliser un véhicule sous-marin adapté, qui amènera le personnel et les fournitures à bord du module.
L’état d’avancement du projet n’est pas encore clair. L’ambition de créer un complexe nucléaire sous-marin n’est pas nouvelle. En 2016 déjà, les médias russes avaient publié un rapport présentant des études et des modélisations 3D pour un réacteur qui répondrait aux exigences de l’AIEA.
Pour l’approvisionnement en énergie le long des régions côtières de l’Arctique, le Kremlin mise de plus en plus sur la technologie nucléaire en poursuivant le développement de petits réacteurs, afin de remplacer les anciennes centrales à charbon inefficaces. L’exemple le plus marquant est la centrale nucléaire flottante Amiral Lomonossov, située dans le port de Pevek en Tchoukotka, qui alimente en électricité la localité et les mines situées dans l’arrière-pays. Les réacteurs de type KLT-40S utilisés à cet effet ont entretemps été perfectionnés, l’objectif étant avant tout d’augmenter la puissance tout en réduisant la taille. La dernière génération de type RITM-200S est également utilisée en Chine pour la construction de telles centrales nucléaires flottantes.
Heiner Kubny, PolarJournal
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