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Nous avons vécu le réchauffement de la péninsule Antarctique

Heiner Kubny 15. janvier 2026 | Antarctique, expéditions, Péninsule Antarctique, Science
Francisco Fernandoy: «Des rafales de force ouragan et d’importantes congères ont considérablement compliqué notre travail». (Photo: Fernandoy/Bozkurt)

La péninsule Antarctique reste l’une des régions de la planète les plus fortement touchées par le réchauffement climatique. Le long de sa côte ouest, les températures augmentent nettement plus rapidement que la moyenne mondiale. Les données de mesure montrent une hausse pouvant atteindre 0,45 degré Celsius par décennie; au total, la région s’est réchauffée de plus de trois degrés depuis les années 1950, avec des changements particulièrement marqués durant les mois d’hiver.

Francisco Fernandoy et Deniz Bozkurt: comment nous avons vécu notre expédition et le réchauffement accéléré de la péninsule Antarctique. (Photo: Fernandoy/Bozkurt)

Les conséquences sont visibles: une grande partie des glaciers est en recul et l’on estime que 13,5 gigatonnes de glace disparaissent chaque année. Le réchauffement accéléré s’explique notamment par un transport accru de chaleur en provenance des régions subtropicales, provoqué par des modifications des schémas de circulation atmosphérique. Ceux-ci favorisent la diminution de la banquise, des vagues de chaleur plus fréquentes et des événements météorologiques extrêmes, de plus en plus souvent liés à ce que l’on appelle des rivières atmosphériques.

Dans ce contexte, une nouvelle étude visant à reconstituer l’évolution du climat sur la péninsule Antarctique a été lancée en 2024. Les stations de mesure étant rares en haute altitude, la recherche s’appuie sur des analyses chimiques de carottes de glace, qui permettent de tirer des conclusions sur les anciens schémas de circulation, les conditions de la banquise et les processus océaniques.

Le camp a été installé sur le plateau de Laclavère, à environ 20 km de la base O’Higgins, à 1.100 m d’altitude. (Photo: Fernandoy/Bozkurt)

L’actualité de ces questions est apparue clairement lors de la première campagne de terrain en janvier 2025. Pendant les travaux sur le plateau de Laclavère, l’équipe de recherche a été confrontée à des conditions météorologiques extrêmes: des rafales de force ouragan, d’importantes accumulations de neige et une mauvaise visibilité ont fortement entravé le travail. Des analyses ultérieures ont attribué cet épisode à une puissante rivière atmosphérique, qui a dirigé des masses d’air chaud et humide vers la péninsule.

Les modèles climatiques indiquent que de tels événements extrêmes devraient se produire plus fréquemment à l’avenir. Les expériences de l’expédition montrent à quel point il est urgent de mieux comprendre les processus atmosphériques à grande échelle, tant pour la sécurité de la recherche que pour l’évaluation de la dynamique climatique mondiale.

Heiner Kubny, PolarJournal

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