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The Polar Retrospective – Des excuses canadiennes, un nouvel aéroport et une amitié franco-chilienne

Polar Journal AG Team 2. décembre 2024 | Antarctique, Arctique, Non classifié(e), Science
Depuis 2022, Air Greenland possède et exploite un Airbus A330neo. Mais ce n'est que la semaine dernière qu'il a pu atterrir à Nuuk pour la première fois. Photo : Quintin Soloviev, Wikimedia Commons
Depuis 2022, Air Greenland possède et exploite un Airbus A330neo. Mais ce n’est que la semaine dernière qu’il a pu atterrir à Nuuk pour la première fois. Photo : Quintin Soloviev, Wikimedia Commons

La rétrospective polaire se penche sur les événements récents survenus dans les régions polaires du monde. Cette semaine, nous nous intéressons à un massacre de chiens de traîneau, à l’agrandissement d’un aéroport et à une coopération franco-chilienne qui pourrait s’étendre à l’Antarctique.

La Rétrospective Polaire est un effort de collaboration de l’équipe de Polar Journal AG. Chaque auteur choisit un sujet qu’il a trouvé intéressant et important au cours de la semaine écoulée. Les initiales à la fin de chaque section indiquent l’auteur.

Le Canada présente ses excuses pour l’abattage des chiens du Nunavik

Essentiels aux déplacements, à la chasse et à la pêche, les chiens constituaient une ressource essentielle dans la vie des Inuit. Photo : Library and Archives Canada Blog

Le 23 novembre dernier, le Canada a officiellement présenté ses excuses pour l’abattage des chiens de traineau survenu dans les années 1950 et 1960 au Nunavik. « Aujourd’hui, le gouvernement du Canada a accepté la responsabilité de son rôle dans une terrible injustice historique et a exprimé ses profonds regrets et ses sincères excuses pour les dommages infligés par le massacre de qimmiit au Nunavik [chiens de traineau en inuktitut, ndlr]. », a déclaré le ministre fédéral des relations Couronne-Autochtones, Gary Anandasangaree. « Il s’agit non seulement d’une étape importante vers la réconciliation et le renouvellement de nos relations avec les communautés inuit du Nunavik, mais c’est tout simplement la bonne chose à faire. »

Les excuses sont assorties d’une compensation financière de $C 45 millions (plus de 30 millions d’euros). Ce montant devrait à la fois indemniser les victimes mais aussi assurer la mise en place de programmes de soutien promouvant la guérison et la revitalisation culturelle et pilotés par Makivvik, organe de représentation des Inuit du Québec.

Environ 1 000 chiens ont été abattus par la police canadienne, sans tenir compte des conséquences pour la population inuit. A l’époque, le gouvernement avait invoqué des raisons de santé et de sécurité publiques pour justifier l’abattage. Une explication qui a toujours été remise en questions par les Inuit qui y ont vu une manière de les priver de leur principal moyen de locomotion. L’abattage massif des chiens, déjà traumatisant en soi, a eu un effet dévastateur sur les communautés. Dans l’incapacité de se déplacer, et donc de chasser et de pêcher, les Inuit ont vu leur style de vie traditionnel et leur autonomie disparaître et l’insécurité alimentaire et économique s’installer.

En outre, l’abattage massif a pratiquement entraîné la disparation de cette race de chien connue sous le nom de qimmiit ou qimmiq. Utilisée depuis des siècles par les Inuit, cette race d’esquimau canadien est devenue l’animal officiel du Nunavut.

Ces excuses font suite à celles adressées par le gouvernement fédéral en 2019 aux Inuit du Nunavut et à celles formulées par le Québec en 2011. M.B.

Le tout premier Airbus atterrit à Nuuk

L’atterrissage du tout premier Airbus a attiré une foule nombreuse autour de l’aéroport. La semaine dernière, les réseaux sociaux de Nuuk étaient remplis de vidéos de ce type. Vidéo : @Mooncake and Cupcake / Youtube

Ces dernières années, la capitale du Groenland, Nuuk, a allongé la piste de son aéroport. Un allongement qui peut sembler anodin. Mais dans une région qui ne dispose pas d’un terrain suffisamment long pour accueillir un aéroport international, les choses ont été loin d’être simples.

L’agrandissement de l’aéroport est un travail d’ingénierie considérable, qui a nécessité l’explosion, le déplacement et la reconstruction d’un flanc de montagne entier. Il n’est donc pas étonnant que ce soit en fanfare et avec d’innombrables mots de célébration que, la semaine dernière, le premier Airbus a atterri et redécollé sur la nouvelle piste de 2200 mètres de long.

Avant le jeudi 28 novembre, seuls les petits avions comme le Dash-8 pouvaient atterrir à Nuuk. La plupart des visiteurs de la capitale devaient donc passer par Kangerlussuaq, plus au nord, ce qui rallongeait considérablement le voyage.

Les autorités et les opérateurs touristiques de Nuuk espèrent que cette expansion entraînera une augmentation du nombre de visiteurs et des exportations. La première cargaison de poisson frais a déjà été envoyée à Copenhague, au Danemark, d’où l’avion est parti.

Suite à l’agrandissement de l’aéroport, une nouvelle liaison entre Nuuk et New York a également été planifiée. Elle sera ouverte de juin à septembre 2025 et sera exploitée par United Airlines. O.E.

Un geste d’amitié entre le Chili et la France pour promouvoir la science polaire

L’institut de recherche polaire chilien Milenio Base accueille le président Macron à bord du brise-glace national avec le président Boric. Image : Bureau exécutif du président du Chili

Les 21 et 22 novembre à Valparaiso, la France et le Chili ont affirmé leur volonté de renforcer la coopération scientifique polaire entre les deux pays dans une déclaration élargie sur la protection des océans. Emmanuel Macron et Gabriel Boric ont souligné l’importance des organisations du système du Traité sur l’Antarctique et leur volonté de poursuivre les efforts scientifiques, les principales instances internationales du Traité sur l’Antarctique étant basées sur des faits produits par la recherche.

Les réunions consultatives et la réunion de la Commission de la CCAMLR sont les deux principaux organes de décision. La première traite des activités en Antarctique et la seconde de la pêche dans l’océan Austral. La France et le Chili se sont donc engagés à travailler ensemble sur des projets scientifiques communs, comme le projet de création d’un réseau d’AMP autour de l’Antarctique.

Le président français a déclaré qu’il souhaitait établir davantage de ponts entre les centres de recherche et accueillir plus d’étudiants chiliens en France. Parmi les scientifiques représentant les universités, le Dr Elie Poulin, directeur de l’Institut Milenio BASE, Léa Cabrol, biologiste de l’Institut de recherche et de développement, et Alejandro Maass, docteur en mathématiques de l’Université du Chili. Cette combinaison de recherches polaires, océanographiques et mathématiques pourrait être l’occasion pour les deux pays de développer une branche spécifique de l’intelligence artificielle, comme ils l’ont déclaré.

La rencontre entre les présidents s’est terminée par une visite à bord du brise-glace Almirante Viel, qui « démontre non seulement la capacité technique et scientifique de notre pays, mais aussi notre profond engagement en faveur de l’Antarctique et de l’océan », a expliqué le président Gabriel Boric. L’année dernière, le président français a annoncé la construction du Michel Rocard, un navire doté d’une capacité de glace pour la recherche en Antarctique. « Je propose que l’Almirante Viel et le Michel Rocard lancent ensemble la première grande campagne franco-chilienne de recherche en Antarctique d’ici 2030 ». C.L

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