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Une étape importante pour les centrales nucléaires flottantes

Heiner Kubny 30 juin 2026 | Arctique, Arctique russe, Économie
En route vers Saint-Pétersbourg: la première cuve de réacteur de type RITM-200S quitte l’usine ZiO-Podolsk, près de Moscou. (Photo: Rosatom)

Le groupe public russe Rosatom a franchi une étape importante dans son programme de centrales nucléaires flottantes. Fin mai, le premier réacteur de type RITM-200S, destiné à la deuxième génération de centrales nucléaires flottantes, a été achevé. Le réacteur est désormais transporté vers le chantier naval de la Baltique à Saint-Pétersbourg, où son montage et son intégration dans l’unité de centrale flottante doivent avoir lieu.

Le RITM-200S appartient à la classe des petits réacteurs modulaires (SMR) et s’inspire du modèle éprouvé RITM-200, déjà utilisé sur les derniers brise-glaces nucléaires russes. La version centrale nucléaire atteint une puissance thermique d’environ 198 mégawatts et a été spécialement conçue pour une utilisation à long terme dans des régions isolées.

Au chantier naval Baltisky de Saint-Pétersbourg, une centrale nucléaire flottante est en cours d’équipement en vue d’une utilisation dans l’Arctique. Elle est destinée à assurer l’approvisionnement énergétique du projet minier de Baimskaya en Tchoukotka. (Photo: réseaux sociaux)

Rosatom prévoit de mettre en service au total quatre centrales nucléaires flottantes de deuxième génération d’ici 2031. Ces installations doivent être stationnées au cap Nagloynyn, dans la région russe de Tchoukotka, afin d’y assurer l’approvisionnement énergétique de projets industriels et miniers. Chaque centrale sera équipée de deux réacteurs RITM-200S.

Le développement de la zone minière de Baimskaya, l’un des plus grands projets miniers de l’Extrême-Orient russe, joue ici un rôle central. Entre 2028 et 2030, quatre unités de centrales flottantes doivent être livrées pour ce projet. Selon les informations du gouvernement régional, les premières installations devraient fournir de l’électricité dès 2028. La mine de Baimskaya devrait augmenter la production russe de cuivre d’environ 25% et celle d’or d’environ 4%.

Le cap Nagloynyn se trouve à environ 430 kilomètres de la zone minière de Baimskaya et devrait servir de plaque tournante énergétique et logistique pour le projet minier. (Graphique: Heiner Kubny)

Selon les informations fournies par Rosatom, 13 réacteurs de type RITM-200 ainsi qu’un RITM-200S ont été livrés à ce jour. D’autres réacteurs sont actuellement en cours de production, tant pour de nouveaux brise-glaces nucléaires que pour des centrales à petits réacteurs flottantes et terrestres en Russie et à l’étranger.

Avec le RITM-200S, la Russie mise sur une génération de réacteurs modernes et performants pour succéder aux anciens réacteurs KLT-40S utilisés sur la centrale nucléaire flottante «Akademik Lomonossov». Ce projet souligne l’importance stratégique de l’Arctique pour la politique russe en matière d’énergie, de matières premières et d’infrastructures, et vise à soutenir à long terme le développement économique des régions isolées du nord-est.

Heiner Kubny, PolarJournal

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